La pandémie liée au nouveau Coronavirus qui continue de sévir dans le monde a révélé les insuffisances des systèmes éducatifs et sanitaires de plusieurs pays africains. Tandis que certains pays procèdent processuellement au déconfinement et à la reprise des activités, d’autres voient le nombre de contaminations revenir à la hausse et s’interrogent désormais sur un possible reconfinement.

Si selon France 24, à Abou Dhabi, capitale des Émirats Arabes Unis, il existe le plus grand centre de dépistage du Covid 19, dans les petites villes telles que Port-Gentil, capitale économique du Gabon, les hôpitaux ne disposent pas du matériel adéquat pour dépister la population et permettre la libre circulation d’une province à l’autre qui requiert un certificat de négativité au Covid 19 valable 5 jours comme indiqué lors de l’assouplissement des certaines restrictions. ne vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux montre le mécontentement d’une dame, devant l’hôpital de Ntchengue, qui s’est vue refusée l’évacuation sanitaire de son nourrisson souffrant d’hydrocéphalie par manque de tests. Sans test, impossible d’obtenir le certificat de négativité au Covid 19 pour compléter le dossier médical.

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La Banque Mondiale, dans son rapport sur les enjeux de cette pandémie, a souligné que les pays les plus pauvres du tiers-monde ont déclaré n’avoir enregistré aucun sinon peu de cas de contamination au nouveau Coronavirus par manque d’infrastructures sanitaires et de budget pour gérer la crise.

Outre les insuffisances observées sur le plan sanitaire amplifiées par la pandémie, les systèmes éducatifs africains présentent également des limites. Le confinement a imposé la fermeture des écoles dans le souci de faire respecter les mesures barrières telles que la distanciation sociale et l’interdiction de rassemblement. En Afrique subsaharienne, les établissements scolaires sont réputés pour leurs effectifs pléthoriques (entre 60 et 90 élèves par classe au primaire). Faute de technologie de pointe, certains pays comme le Kenya ont été contraints d’envoyer les apprenants en congés prolongés jusqu’en janvier 2021, décrétant ainsi l’année blanche. Cependant, ce qui semblait être une bonne initiative pour une meilleure gestion de la pandémie selon le gouvernement kényan, peut avoir des conséquences négatives à long terme sur les élèves les plus vulnérables. L’analyse de la Banque Mondiale souligne qu’à la maison les possibilités d’études sont limitées et peuvent endommager l’économie des ménages à travers les différents coûts qu’elles peuvent susciter.

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De plus, concernant la formation à distance, appelé aussi téléenseignement, tous les pays africains n’ont pas un accès équitable aux technologies. Le Rwanda et l’Afrique du Sud sont des leaders dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et excellent dans l’amélioration constante des infrastructures numériques. En revanche, au Gabon, considéré comme le premier pays connecté aux TIC en Afrique Centrale et de l’Ouest en 2018 par la Banque Mondiale, le coût d’accès à Internet est exorbitant et ceux qui sont en zone rurale ne disposent pas nécessairement d’un périphérique d’accès à Internet adéquat.

Ainsi, les cours à la maison par le biais d’Internet et des programmes télévisés ne représentent pas des vraies mesures palliatives au regard de nombreuses inégalités sociales. Tous les pays africains ne se sont pas organisé de la même façon pour utiliser les mêmes outils dans les mêmes circonstances. La probabilité d’avoir un périphérique d’accès à Internet dépend du revenu des ménages. Certains pays de la corne de l’Afrique tels que la Somalie, l’Ethiopie et le Sud Soudan sont confrontés à dure réalité.

Il incombe donc aux décideurs africains de revoir la copie de leurs politiques en matière de santé et d’éducation et d’identifier les secteurs d’investissements prioritaires selon le pays.