Le douloureux épisode du feuilleton de Jumia serait parti d’une action menée en justice devant un tribunal de New York par des investisseurs estimant avoir été trompés par l’e-commerçant. C’est une résultante du récent rapport d’accusation du cabinet Citron Research. Estimant l’existence d’une importante méconnaissance des évidences du business africain à Wall Street, Julien Garcier, Fondateur et le Directeur Général de Sagaci Research estime que la start-up panafricaine a été surcotée.

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En effet, suite à la sortie d’un rude parcours à Wall Street de Jumia qui a accusé un retard dans la confirmation de son bon niveau de croissance avec une valorisation de 580 millions de dollars avant l’apparition de la pandémie de Covid-19, certains observateurs du flux économique sur le continent que la croissance de la licorne africaine du commerce électronique a été surévaluée. Pour Julien Garcier, ce rebond de Jumia n’est dû qu’au fait que les investisseurs anticipent de bons résultats pour le deuxième trimestre.

Il me semble aujourd’hui que le prix de l’action est plus proche de la réalité de l’entreprise, qui reste une belle activité sur le continent — Affirme t-il.

Il n’est pas le seul à le penser, puisque bons nombres sont les analystes new-yorkais qui partagent cette même observation. Il est tout de même nécessaire de souligner que le chiffre d’affaires de la start-up panafricaine a connu une nette évolution de 93 millions d’euros en 2017 à 160,4 millions en 2019.

Autre fait majeur, Rocket Internet, historique actionnaire et créateur de la plateforme panafricaine de e-commerce a liquidé la totalité de ses parts. Entre opérateurs télécoms, gestionnaires d’actifs et industriels, le groupe ne compte plus qu’à son capital de spécialistes de la vente en ligne. C’est donc approximativement 61 % de son capital qui est échangé par le biais des certificats de dépôt américains qui permettent une cotation aux États-Unis pour les entreprises étrangères et dont une importante part soit 11,8 % est détenue par le gestionnaire d’actifs Baillie Gifford & Co.

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Face aux accusations, les fondateurs de Jumia ont publié les résultats financiers pour le premier trimestre 2019 en hausse malgré des pertes conséquentes, tout en ajoutant que les chiffres pointés par Citron Research n’étaient pas fondés sur la même période que ceux utilisés par Jumia lors de son entrée en bourse. Le cours s’était alors sensiblement amélioré pour rapidement recommencer à décroître. Face à ces différents rebondissements, le géant africain traverse une période tumultueuse mais s’en sort plutôt bien.