Parmi les enjeux historiques et politiques des relations entre la France et l’Afrique figurent désormais en bonne place une forte demande de rapatriement du patrimoine culturel africain.

En effet, les africains sont de plus en plus nombreux à réclamer à la France le rapatriement du patrimoine culturel de certains pays du continent acquis pendant la colonisation. Ces œuvres d’art sont, entre autres, des statuettes, des masques et autres formes des vestiges qui ornent les musées français. Dans l’optique de se réapproprier leur histoire, certains dirigeants du continent manifestent auprès des dirigeants de l’hexagone leur volonté de voir restituer les œuvres d’art africain à l’Afrique.

Selon Le Monde, la question a été évoquée pour la première fois le 26 novembre 2017. Lors de son discours à Ouagadougou, au Burkina Faso, Emmanuel Macron, actuel Président français déclarait son intention de faciliter la restitution temporaire ou définitive des œuvres d’art africains d’ici à cinq ans. La même source évoque la nécessité pour l’Afrique et la France de définir progressivement les mécanismes inhérents à ce deal culturel.

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Jeune Afrique, quant à lui, indique la nature des objets à la base des négociations entre l’Afrique et la France:

Rentrent dans cette définition les objets saisis lors d’affrontements militaires, ceux acquis par des personnels militaires ou administratifs actifs sur le continent pendant la période coloniale (1885-1960) ou par leurs descendants. Idem pour les pièces récupérées lors de missions scientifiques antérieures à 1960 — peut-on lire.

Eu égard à cette volonté affichée par les autorités françaises de restituer les œuvres africains, certains dirigeants du continent songent déjà à une mise en œuvre imminente du discours de Ouagadougou. Patrice Talon, le Président Béninois, qui lors de sa visite officielle en France le 27 juillet 2016, a obtenu du Président français des gages sur cet épineux dossier:

Il s’agit désormais d’obtenir le recensement de tous les biens précieux (il y en aurait environ 5 000) emportés en 1892 et actuellement répartis dans divers musées français – essentiellement au Musée du Quai-Branly-Jacques Chirac et au Musée de l’Homme – comme dans les collections privées. Suite à quoi des négociations devraient être engagées avec les autorités françaises et l’UNESCO à travers les fonds du comité intergouvernemental pour le retour des biens culturels – indiquent nos confrères de Jeune Afrique.

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Pour l’heure, le Bénin et le Sénégal sont les porte-flambeaux de ce combat mémoriel. Ces deux pays seuls nourrissent l’espoir de rentrer en possession de leurs trésors historiques. Cependant, la route pour le retour de ces œuvres d’art est encore longue. Si le discours tenu par les dirigeants français a considérablement permis de briser le tabou de la réparation des dommages culturels, les musées français les plus visités au monde, voient déjà un effritement de leurs richesses en partie alimentées par des œuvres d’art hérités de la colonisation.