Le Sénégal fait partie des pays qui ont dernièrement entamé des réformes économiques structurantes en Afrique subsaharienne. Les autorités publiques du pays ont orienté les investissements dans la construction des infrastructures routières, aéroportuaires et portuaires. Le gouvernement sénégalais et les organisations internationales d’évaluation des politiques publiques telles que la Banque Mondiale (BM) et le Fond Monétaire International (FMI) tablaient sur une accélération de la croissance dans le pays. Jusqu’en 2019, les indicateurs économiques étaient au vert, et ce, grâce à la dynamique amorcée par le gouvernement et aux réformes observées sur l’ensemble des secteurs.

Le Sénégal est engagé sur la voie de l’émergence économique — assure Macky Sall.

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Avec une croissance économique au-dessus de 6 % entre 2015 et 2019, le Sénégal présentait des bonnes perspectives économiques jusqu’au moment de la réélection en février 2019 de Macky Sall. Selon les Perspectives Économiques en Afrique en 2018 portées par la Banque Africaine de Développement (BAD),

La croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) réel devrait atteindre 6,3 % en 2020 et 6,8 % en 2021. Le deuxième Plan pour un Sénégal émergeant 2019-2023 prévoit la mise en œuvre de réformes visant à stabiliser le cadre macroéconomique, stimuler l’investissement privé et accélérer la transformation structurelle de l’économie. Le risque de surendettement est faible selon le FMI.

Cependant, cette croissance n’est pas seulement tributaire des investissements publics, elle repose essentiellement sur la rente pétrolière et l’amélioration du cadre touristique qui ont considérablement renforcé la gouvernance économique élaboré par le gouvernement de Macky Sall, car, en dépit des conjonctures dues à la baisse drastique des cours du pétrole et l’avènement du contexte international marqué par le Covid-19, le pays entend maintenir le cap et surmonter les effets de la crise.

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Malheureusement, pour un pays de plus de 15 millions d’habitants, ce décollage économique, encore lattant, ne semble pas bénéficier à toutes les classes sociales. À mesure qu’on observe cette dynamique ascendante, les défis au niveau local sont immenses et les inégalités se creusent. La répartition des richesses est loin d’être une réalité concrète. Le taux pauvreté avoisine les 48 % avec des fortes disparités régionales entre le Sud et le Sud Est, selon les statistiques récemment mis en évidence par le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). Nonobstant une croissance apparente, 58 % des foyers ruraux n’ont pas accès à l’électricité.

Selon Fadel Wade, Coordinateur du Réseau des Associations pour la Protection de l’Environnement et de la Nature (RAPEN), qui regroupe huit associations locales:

Sous prétexte de développement, on appauvrit une population de 70 000 habitants, dont les ressources disparaissent. Les villes de Bargny et Rufisque sont asphyxiées par les projets urbains et industriels de l’État.