En plus des pertes en vies humaines enregistrées dans le monde, la crise sanitaire liée au Covid 19 a aussi beaucoup affecté les économies de tous les continents. Alors que la crise économique, aggravée par les retombées de la pandémie de coronavirus, fait rage dans le pays, certains employeurs font recours aux moyens peu orthodoxes pour se débarrasser de leurs employés. Des techniciennes de surface d’origines africaines en paient les frais. Notre rédaction vous emmène au Liban où des techniciennes de surface de nationalité nigériane subissent des abus itératifs en disconformité avec le code du travail du pays et portant atteinte aux Droits de l’Homme sur le plan international.

En effet, ayant été licenciées abusivement par leurs employeurs, ces employées de maison dites domestiques se retrouvent livrées à elles-mêmes dormant dans la rue, sous les ponts ou dans des bâtiments inachevés avec tous les risque que cela comporte. France Infos souligne que neuf (9) jeunes femmes nigérianes ont été jetées « comme des sacs poubelles » devant leur consulat à Beyrouth. Leurs conditions de travail très précaires ne leur permettent pas de se payer un ticket d’avion ou même d’autocar pour renter au bercail. Aucune indemnité versée, aucun moyen de subsistance palliatif, elles broient du noir et voient rouge. Selon le Middle East Eye, les responsables diplomatiques de leur pays ne semblent pas se préoccuper de leur sort, les livrant à leurs « maîtres ». Une situation rocambolesque qui semble ne pas avoir connu une épilogue

Face à ce cauchemar interminable, les dirigeants des pays concernés adoptent une attitude de neutralité voire d’indifférence. Global Voices révèle dans les récits des victimes que des agences illégales de recrutement de femmes de ménage sont implantées au Nigéria. Par ailleurs, l’enquête d’un journaliste éthiopien sur la question a montré que les dirigeants de son pays ont sollicité le Congrès américain pour annuler un projet de loi condamnant le non-respect des Droits de l’Homme en Ethiopie. Il affirme que 600 000 dollars ont été détourné au consulat éthiopien en Arabie Saoudite, fond de la diaspora pour financer le rapatriement des victimes bloquées au Liban. Les cas sont bien réels, comme celui de la Tanzanienne forcée à travailler sans manger ni repos pendant plusieurs jours et à qui la patronne interdisait de se plaindre de faim sous prétexte qu’elle lui avait déjà coûté assez chère, soit 1 560 rials estimé à 4 052 dollars.

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Ces dames travaillent dans l’informel avec des situations administratives irrégulières et peu ou pas connues des services des représentations diplomatiques de leurs pays. Les autorités libanaises ont à ce jour prise aucune mesure au nom des relations diplomatiques qu’elles entretiennent avec les autres pays de mettre fin à ce calvaire. Global Voices affirme qu’au Liban et dans les pays du Golfe, il existe un contrat de parrainage, le Kafala, qui autorise à ces femmes d’obtenir un travail dans la seule mesure où elles renoncent à leurs droits en fonction du statut que l’employeur leur accorde dans ledit contrat. Une acception qui contraste fortement avec le sens originel du mot du kafala, procédure d’adoption spécifique au droit musulman qui correspond à une tutelle sans filiation. Par exemple, un enfant – issu d’un milieu économiquement défavorisé ou né hors mariage, etc. – est recueilli par une famille adoptive qui s’engage à l’élever comme son propre enfant. Ces scénarios dignes d’un esclavage des temps modernes perdurent en toute impunité ou ne sont pas suffisamment réprimés. Le Daily Trust révèle les termes de ce fameux contrat:

Au cours des 24 premiers mois, les travailleuses domestiques ne peuvent ni demander d’augmentation de salaire, ni cesser le travail ou s’enfuir ou encore ne peuvent refuser de travailler ou encore mettre fin à leur contrat.

De plus, il a été observé que pour renforcer le contrôle de l’employeur, le passeport d’une travailleuse peut être confisqué car, étant son garant, elle ne peut rentrer dans son pays qu’à l’expiration du contrat et cela aux frais de l’employée elle-même. C’est le quotidien des jeunes (femmes) qui veulent échapper à leurs conditions de vie précaires dans l’illusion d’obtenir un emploi stable mais qui, au contraire, se retrouvent aux portes de l’enfer pris dans l’engrenage de l’exploitation de l’homme par l’homme.