Plébiscité par son bord politique après la mort de son poulain Amadou Gon Coulibaly le 08 juillet dernier, le discours du Président ivoirien Alassane Dramane Ouattara (ADO) du 06 Août 2020 annonçant sa candidature aux futures élections présidentielles ne fait pas que des heureux. Plusieurs jours après son silence évocateur, l’homme de 78 ans avait fini par répondre favorablement aux nombreux appels de pied du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la paix (RHDP). Il est candidat à sa propre succession pour les échéances électorales d’octobre prochain.

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Le Chef de l’État ivoirien a choisi le discours à la nation pour annoncer sa candidature pour un troisième mandat.

Je suis donc candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. Je peux vous assurer que cette décision, mûrement réfléchie, est un devoir que j’accepte dans l’intérêt supérieur de la Nation ; afin de continuer de mettre, sans relâche, mon expérience au service de notre pays. Compte tenu de l’importance que j’accorde à mes engagements et à la parole donnée, cette décision représente un vrai sacrifice pour moi, que j’assume pleinement, par amour pour mon pays a-t-il déclaré.

Toutefois, cette déclaration provoque des remous au sein de la classe politique ivoirienne. Si les militants du RHDP présentent cette candidature comme une transition politique, ceux de l’opposition voient une rupture de la confiance et de sa promesse faite le 12 mars de ne pas se représenter. Les manifestations font déjà écho dans les rues et en dehors de la capitale politique du pays. Les partisans de l’ex- Président Laurent Gbagbo, en plus de remettre en cause cette déclaration de candidature, protestent l’absence du nom de leur leader sur le fichier électoral et ceux des personnalités de l’opposition comme celui de Guillaume Soro, entre autres.

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La population dans son ensemble est partagée sur la constitutionnalité ou non de la candidature de Ouattara. Certaines franges estiment que l’actuel dirigeant continuerait de maintenir le rythme des réformes économiques et garder le cap du développement et d’autres se désolidarisent. Des observateurs avisés prédisent déjà le scénario de 2011 si rien mesures concrètes ne sont pas prises pour apaiser les tensions.