Dix-sept pays africains célèbrent cette année, le soixantenaire des indépendances. Dans un contexte marqué par une crise sanitaire de grande ampleur, certains d’entre eux, ont opté pour des commémorations sobres, tandis que d’autres, se sont contentés d’étaler des perspectives à l’horizon des nouveaux défis.

Il faut noter que de ces dix-sept pays, quatorze sont issus de l’empire colonial français. Il s’agit notamment du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Togo, de Madagascar, du Bénin, du Niger, du Burkina Faso, du Tchad, de la République Centrafricaine, du Congo, du Gabon, du Sénégal, du Mali et de la Mauritanie. À eux s’ajoutent des anciennes colonies belge (RDC), britannique (Nigeria) et italienne (Somalie).

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L’année 1960 a été pour beaucoup d’observateurs une année charnière. En effet, elle est la préfiguration de la renaissance de l’Afrique en tant qu’entité géopolitique. Pour un continent longtemps resté sous l’emprise des puissances coloniales européennes, cette année marque particulièrement l’entame d’une longue dynamique des indépendances au niveau continental. Cela s’explique, entre autres raisons, par les mouvements de libération panafricanistes des élites politiques et intellectuelle devenues entre-temps sensibles à l’idée de la souveraineté et d’autonomie en matière de gouvernance politique, comme le rapporte RFI.

L’accélération de la décolonisation à laquelle on assiste, en Afrique dans les années 1950-1960 s’explique (…) par la montée d’une nouvelle classe politique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, une élite particulièrement sensible au mutations en cours dans l’environnement international — analyse-t-elle.

En effet, ces mouvements panafricains ont saisi l’opportunité du contexte de l’après-guerre pour faire prévaloir le droit des pays africains à disposer d’eux-mêmes. La majeure partie de l’Afrique francophone ayant obtenu de façon pacifique cette autonomie, ce ne fut pas le cas des colonies britanniques qui ont dû s’employer à la violence pour affirmer cette volonté d’affranchissement. Ce faisant, cette marche vers la liberté est considérablement marquée par les altermoiements politiques. Dans les années 1990, interviendra une tentative de démocratisation du continent qui sera estompé dès les années 2000 par des instabilités politiques (coups d’État, conflits civil, …).

Soixante ans après les indépendances, le continent semble toujours en proie à ses tares historiques. La pauvreté toujours galopante, le chômage, le sous développement et les crises multiformes constituent de manière logique des raisons explicables de cette léthargie car, en 2020, l’Afrique est l’un des terreaux de la faim et la pauvreté dans le monde. Selon f Monde,

Un chiffre souvent suffit à les résumer: 40% de la population, soit 400 millions de personnes, vit encore en dessous du seuil de l’extrême pauvreté fixé à 1, 90 dollar par jour ( 1,70 euro) selon les critères internationaux — peut-on lire

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Un peu plus d’une moitié de siècle d’indépendance après, l’Afrique n’a que difficilement jugulé ses questions des inégalités sociales qui de fait, ont un effet de sédimentation sur l’ensemble de la gouvernance économique et politique post- indépendance. Et la conséquence est immédiate, les africains quittent de plus en plus le continent pour immigrer en Europe où ils espèrent trouver des meilleures conditions de vie.