Depuis les trois dernières décennies, les femmes deviennent actrices du développement en Afrique subsaharienne. Elles s’impliquent progressivement dans la productivité économique des Etats même si c’est encore à une échelle moins importante. En dépit des préjugés culturels, qui jusque-là, les cantonnaient a seconder les hommes, certaines d’entre elles arrivent malgré tout à faire bouger les lignes. Elles sont cheffes d’entreprises, commerçantes, agricultrices et étudiantes. Les secteurs d’activités dans lesquels elles injectent massivement leurs investissements sont : le commerce de gros, l’agriculture et les banques, entre autres. Pour la plupart, ce sont des femmes qui ont décidé de s’affranchir des limites conventionnelles imposées par la rigidité de la loi traditionnelle en ce qui concerne le statut de la femme africaine. Cette nouvelle vague de l’entrepreneuriat féminin vise un double objectif : la multiplication des revenus et l’indépendance financière pour le ménage.

Dans un contexte miné par des crises conjoncturelles des économies au niveau mondial, les femmes ouvrent une brèche considérable dans l’auto-employabilité de façon générale et contribue à l’essor d’un nouveau rapport de force en leur faveur. Selon Diarétou Gaye, directrice de la stratégie et des opérations de la Banque Mondiale pour l’Afrique, le continent est:

«La seule région au monde où plus des femmes que d’hommes choisissent la voie de l’entrepreneuriat [car] élargir les opportunités des femmes entrepreneures au travers des politiques de l’égalité des sexes aurait un impact extraordinaire sur la croissance du continent».

Cette observation vient légitimer l’idée que la gent féminine est un vecteur de croissance économique non négligeable. Pour corroborer son propos, madame Gaye, cite en exemple quelques pays notamment le Rwanda, l’Ethiopie, le Togo, la Guinée et la République du Congo dont les gouvernements respectifs mettent en place des programmes de monitoring en vue de faciliter l’accès aux financements des banques.

En dépit de cette nette évolution spectaculaire dans le monde de l’entrepreneuriat, les femmes entrepreneures font face à des nombreuses contingences en termes d’octroi des prêts bancaires . Elles ne bénéficient pas encore de la confiance des banques. Pour contourner les difficultés, elles sont pour la plupart obligées de se constituer en groupement associatifs, à défaut de faire appel à des investisseurs privés. Toujours selon l’analyse de la Directrice de la Stratégie et des Opérations de la Banque Mondiale pour l’Afrique:

« Des données récoltées dans dix pays d’Afrique indiquent qu’en moyenne les entreprises appartenant à des hommes bénéficient six fois plus de capital que celles aux mains des femmes […] prenons l’exemple de cette entrepreneure éthiopienne, propriétaire d’une boulangerie, qui pendant 10 ans n’a pu obtenir que des crédits de groupes plafonnés à 900 euros. Or, le fait que les femmes aient moins accès aux actifs affecte leur capacité à obtenir des prêts de taille moyenne et donc la croissance de leurs entreprises ».

Autrement dit, les banques sont très réticentes dans l’offre des micro-crédits aux femmes entrepreneures. On peut donc souligner à raison que les recettes en termes de chiffres d’affaires en comparaison avec celui des hommes oscillent entre les 30 et 36%.