La vague des changements climatiques ces dernières décennies résultent, sans doute, de l’action de l’homme sur la nature. Ce constat emmène à observer en même temps la naissance des mouvements altermondialistes et pro-environnementaux qui revendiquent avec véhémence le changement de paradigme humano-environnemental. Conséquences d’un bout de la planète à un autre, les mouvements écologiques tentent de forcer les gouvernements des pays les plus polluants à adopter des mesures restrictives en vue de limiter l’impact de la dégradation environnementale. Cependant, si en Afrique les questions climatiques sont très peu enclines à susciter des mouvements politico-idéologiques, des jeunes sont déjà engagés à transformer leurs milieux de vie en faisant dans la récupération des matériaux pour les reconvertir en des oeuvres d’art ou simplement en une forme d’objet pratique dans la vie quotidienne.

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Coumba Diakité est le symbole de cette jeunesse africaine qui a choisi cette voie. La jeune malienne de 28 ans est la propriétaire d’une petite usine locale dont la vocation est de transformer les pneus usés en meubles capables d’embellir un espace public et privé. Elle a réussi à développer une activité innovante qui attire les regards les plus encourageants. Pourtant dans un milieu fortement ancré par la logique du diktat traditionnel, l’émergence d’une classe entrepreneuriale féminine est souvent perçue comme une déviance sociale et culturelle. Coumba Diakité a compris grâce à sa persévérance et sa détermination que les actions sont souvent plus puissantes que les mots.

Aujourd’hui, la renommée de son entreprise dépasse la frontière de son pays. Son savoir-faire se propage et la teneur de son message se perçoit dans son inventivité et sa capacité à créer à partir des matériaux recyclés. Son ingéniosité lui a permis de mettre en place une startup dénommée By’Recycl. Sa philosophie consiste, dit-elle, à réduire la pollution en mettant en place un système de recyclage pour parer à l’absence des politiques publiques dans son pays. Selon le journal Le Monde la jeune femme malienne a déjà mis en place un système de récolte d’une cinquantaine de pneus dans la capitale malienne Bamako.Commencée quelques temps après avoir pris conscience de l’ampleur du phénomène de pollution dans sa ville, son initiative reçoit de nombreux encouragements du monde entier. Les grands médias du continent et du monde lui font des éloges en parlant d’une initiative prometteuse. Sa démarche s’articule autour du pragmatisme au point que certains médias disent qu’elle est une adepte du chimiste Laurent Lavoisier qui, entre autres, estime que rien ne se perd, rien ne se créée, tout se transforme. Elle n’a pas encore obtenu des distinctions mais par la mobilisation et la recherche des partenaires, Coumba Diakité entend pérenniser son oeuvre et agrandir son entreprise pour embaucher des Maliens en priorité. Pour l’instant, elle vise la consolidation de sa petite clientèle (les hôtels et les restaurants).

Son aventure dans le monde entrepreneuriale a débuté en 2012 quand elle rentre de Tunisie avec son diplôme de Licence en Gestion. Elle s’offusque de voir les déchetteries de pneus brûlée à peine à quelques mètres de son domicile. Alors, après avoir nourri l’idée son opposition à ce qu’elle qualifie de pratique anti-environnementale et nuisible à l’existence humaine, Coumba Diakité se résout à prendre à bras le corps la question du recyclage. Son objectif étant de restreindre les décharges et de les faire disparaître un jour. Six (6) années plus tard son rêve va se matérialiser, elle va progressivement consacrer tout son temps à la collecte et à la transformation des pneus en une matière réutilisable.

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L’exemple de Coumba Diakité doit inspirer au-delà des valeurs traditionnelles, des opinions politiques et des emplacements géographiques car les problématiques liées aux défis climatiques concernent toutes les générations précisément les jeunes parce qu’ils hériteront déjà d’un monde en proie à des turbulences environnementales. Comme beaucoup elle ne s’est pas limitée au simple constat. D’une manière singulière, elle a compris la nécessité d’entreprendre, de transformer et de jouer la carte de la protection environnementale. Coumba Diakité vit avec l’idée que le monde entendra son message et que les gouvernements résorberont en priorité les problèmes de bouleversements de l’équilibre naturel.