E n mars 2020, le gouvernement ivoirien publiait des plans détaillés visant l’instauration de l’interopérabilité des services financiers numériques. Cette démarche vise un triple objectif. D’abord, développer l’utilisation de la monétique, ensuite l’usage accrue de la Banque digitale et enfin la numérisation des démarches financières officielles.

L’interopérabilité permettra donc d’envoyer et recevoir plus facilement de l’argent et ce quelque soit l’opérateur ou la plateforme de paiement utilisée. Cette initiative était déjà reclamée par les acteurs du secteur lors de la première édition du Forum des moyens de paiement et de l’inclusion financière en Afrique dénommé « Forum inclusif » qui s’est tenu en février 2020 à Abidjan.

Il faut dire que l’annonce du gouvernement ivoirien s’inscrit dans un processus entamé depuis juillet 2018 avec la signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement ivoirien et société VISA, spécialisée dans la technologie de paiement, mais aussi elle cadre avec la stratégie régionale d’inclusion financière, pilotée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), qui a pour but d’accroître l’accès du plus grand nombre aux services financiers.

Un autre acte majeur de l’instauration de l’interopérabilité est la libéralisation du code USSD (Unstructured Supplementary Service Data) qui permettra aux opérateurs de développer des services touchant un marché de masse. Au moment où l’Afrique se déconfine progressivement, elle a besoin de bâtir une économie résiliente. Nous l’avons remarqué, seules les activités à fortes doses technologiques pourront sortir gagnantes de la crise covid-19.

Avec moins de 30% de la population possédant un compte bancaire, Les Fintechs répondent à des problèmes majeurs du continent africain. Elles auront un rôle à jouer dans la lutte contre la pauvreté par l’inclusion financière en facilitant l’accès aux services financiers. L’Afrique est le continent ou le mobile money est le plus utilisé, améliorer la culture financière des populations ferait d’elles les actrices principales de la transformation économique du continent.