D ans un communiqué rendu public le 30 juin dernier, la Confédération Africaine de Football (CAF) a annoncé le report de la Coupe d’Afrique des Nations initialement prévue en 2021 au Cameroun. Si la décision de reprogrammer cette compétition en 2022 est fondée sur le contexte actuel liée aux incertitudes relatives à la flambée du Covid 19, elle interroge possiblement sur les conséquences que cette déprogrammation peut y avoir d’abord sur l’ensemble des fédérations sportives du continent, de la confédération elle-même et plus spécifiquement sur le pays organisateur qui se voit deux fois de suite pénaliser après que l’édition de la CAN 2019 a été attribué dans la précipitation à l’Égypte devenue entre-temps pays hôte. C’est assurément un interminable feuilleton sportif entre la Confédération Africaine de Football et le Cameroun.

En effet, le pays qui avait été choisi pour organiser la plus prestigieuse compétition africaine en 2019 avait, à cause des retards dans la livraison des infrastructures (routes, hôtels et stades) obligé l’instance du football africain à revoir ses plans et finalement c’est au pays de pharaons que cette édition 2019 aura eu lieu. Et dans ce sillage la CAF avait reprogrammé le Cameroun pour abriter cette compétition en 2021. Seulement voilà, les choses ont considérablement évolué et quelques infrastructures sportives sont progressivement livrées que le contexte médico-sanitaire du Covid 19 vient, doucher, à raison cette enthousiasme. Depuis les réactions se multiplient et certaines fédérations craignent un engrenage.

Tandis que les pays se déconfinent peu à peu pour relancer les économies et que quelques fédérations ambitionnent la reprise des championnats locaux, la Confédération africaine de football et la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) ont purement maintenus l’interdiction des compétitions footballistiques sur le continent. Des éliminatoires de la prochaine CAN en passant par les phases de qualification du prochain Mondiale au Qatar en 2022 sont momentanément suspendus et cela d’autant plus que sur son site, le comité exécutif, motive sa décision par la crise sanitaire actuelle et indique que les dates des phases finales et des matches restant des éliminatoires seront communiquées au moment opportun, conclut ledit communiqué. Mais il n’y a pas que l’aspect sportif qui est mis à mal. Aux difficultés structurelles déjà constatées sur le terrain, subsisterait tout aussi bien le risque de voir une nette décrue au niveau de la visibilité de l’événement étant donné le renvoie d’autres compétitions telles l’Euro ou la Copa America. Selon Ahmad Ahmad, le Président de l’instance africaine dans une interview accordée à la RFI, l’heure n’est pas à la spéculation mais à la prise de décisions en écoutant toutes les parties prenantes.

Pourtant, en dépit de cette assurance la question sur les investissements du pays hôte de la CAN- 2021 reportée et les pertes économiques que cela vont inévitablement occasionnées revient souvent. Là encore, l’homme fort de la confédération semble tenir un discours évasif en estimant avoir négocié une attente avec des autorités camerounaises et des sponsors. Le point.fr nous renseigne que malgré la suspension des compétitions africaines (la League des Champions, la Coupe de la CAF et la CAN), cela n’aura eu qu’un impact financier limités surtout pour des clubs.