Le numérique est un secteur en pleine expansion en Afrique. Il présente plusieurs avantages insoupçonnés selon le domaine dans lequel on évolue. Aujourd’hui, un étudiant peut suivre une formation délivrée à Harvard depuis Libreville ; des chirurgiens de Rabat peuvent effectuer des interventions chirurgicales avec précision à l’aide d’un programme assisté par ordinateur ; un citoyen Sénégalais peut être un e-résident de l’Estonie ; au Nigéria et un peu partout ailleurs, on peut créer et gérer un compte bancaire depuis WhatsApp, etc. Dans le secteur numérique on retrouve des métiers tels que Mobile Apps Development, Web Design, Social Media Management ou E-reputation Management, entre autres. Notre Rédaction s’est donc approchée d’Olivier, une étoile montante dans le secteur numérique au Gabon, qui a bien voulu nous accorder cette interview.

Bonjour Olivier. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs, s’il vous plaît ?

Bonjour. Je m’appelle Olivier ONA. J’ai 36 ans et je suis un techpreneur gabonais.

Que faites-vous dans la vie ?

Je suis consultant en communication digitale pour différentes sociétés implantées au Gabon (un opérateur de téléphonie mobile, des agences de communication, un cabinet de recrutement, un hôtel et une marque de boisson), propriétaire et rédacteur en chef du premier webzine dédié à l’actualité tech du Gabon, blogueur pour www.onaparle.tech, Business Developer pour le média en ligne www.vxp241.com et l’agence de gaming panafricaine Game Camp Cities. Je suis également formateur-vacataire en stratégie digitale pour l’Université Saint Exupéry et l’école de commerce ETICCA Dakar. Comme vous pouvez le voir je suis sur plusieurs terrains et j’exerce dans le digital depuis 2008 au Sénégal avant de rentrer au Gabon en 2015.

Quel élément ou événement a déclenché votre passion pour le numérique ?

En 2008, je suis tombé sur un e-book qui était en fait un lexique qui présentait 2500 mots du web 2.0. Vu que j’étais en deuxième année d’études universitaires et que j’étais encore en tronc commun, je cherchais donc une suite à donner à mes études. Comme par enchantement, je suis tombé sous le charme de ces mot et expressions et de l’univers autour. Quelques mois plus tard, je me retrouvais entrain promouvoir le menu d’un restaurant dakarois sur la toile, principalement sur Facebook. C’est de là que tout a commencé pour moi.

 

Quels ont été vos obstacles et quels sont vos défis pour l’avenir ?

Nous sommes en 2019 et il y a encore des gens qui pensent qu’un Community Manager (CM) est un homme qui passe son temps à flâner sur les réseaux sociaux tels que Facebook. En 2008 au Sénégal nous vivions à peu près la même difficulté qu’au Gabon actuellement. Très peu de personnes comprennent le sens de ce métier. Il faut passer énormément de temps à éduquer les clients afin qu’ils comprennent l’intérêt de recourir aux services d’un CM surtout que dans trois ans le Gabon aura 1 million d’utilisateurs Facebook (+700k actuellement). Les mobinautes gabonais font exploser les scores. Les gros obstacles, il n’y a pas vraiment vu qu’ils sont surmontables. Depuis deux ans, les marques gabonaises investissent au vu de l’explosion des budgets alloués à la communication numérique de plus en plus orientée vers Facebook, Instagram, Twitter, YouTube et le réseau des sites partenaires de Google (Google Display Network). En termes de défis, nous allons promouvoir un usage d’internet responsable au Gabon et dans la sous-région car pour le grand public internet est synonyme de dépravation des mœurs. Beaucoup de jeunes africains passent à côté des opportunités qu’offre le numérique.

Que diriez-vous aux jeunes qui aimeraient également se lancer dans ce domaine ?

Je leur dirais de faire preuve de discipline, de rigueur et surtout de beaucoup de courage car le plus important est de faire face à l’entourage qui ne comprend pas toujours ce que nous faisons. Les jeunes sont l’avenir. Ils doivent développer leurs potentialités avec le numérique. Je suis un immigrant du numérique, j’ai pris le train en marche. Ils sont encore pleines ressources et de meilleurs réflexes. Ils doivent prendre leur avenir en main et travailler pour bâtir leur empire.