C’est en Janvier 2012 à Addis-Abeba en Ethiopie lors de la conférence annuelle que les chefs d’Etats et de gouvernement de l’Union Africaine ont décidé de la création de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLEC) et en juillet 2019, soit sept ans plus tard à Niamey, tous les pays Africains à l’exception de l’Erythrée, ont signé l’entrée en vigueur de cette ambitieuse initiative. En termes de participants, elle est la plus grande zone de libre échange au monde avec 54 pays membres dont 28 l’ont ratifié permettant ainsi son effectivité.

Conçue pour intégrer les marchés africains, renforcer les relations économiques et améliorer le dispositif règlementaire du commerce interafricain, plus précisément, la mise en place de la ZLEC vise l’élimination des barrières douanières et la coopération en matière d’investissement. A ce jour, la participation de l’économie africaine au commerce mondial est de 3%. Le commerce interafricain est de 16% avec un marché estimé à 1,2 milliards de personnes pour un PIB de plus de 2 500 milliards de dollars. Selon la commission Economique pour l’Afrique de l’ONU, avec la ZLEC, les échanges interafricains pourraient s’accroitre de 50%.

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Cependant, aboutir à la réussite de la ZLEC est un long parcours qui demande bien plus qu’une volonté politique affichée. Parvenir à un fonctionnement optimal de la ZLEC passe par l’observation de plusieurs facteurs. D’abord, l’harmonisation des pratiques douanières régionales (CEDEAO, SADC, CEEAC, etc.) et le développement de la solidarité des Etats dans un continent où les performances économiques sont disparates. Ensuite, protéger les économies nationales pour ne pas léser celles ayant accompli des progrès considérables puis favoriser l’industrialisation et la transformation des matières premières sur sol africain. Enfin, développer les infrastructures de communications (routes, ports et aéroports) dont le trafic est embryonnaire à l’échelle continentale. Autant de facteurs de réussite que les gouvernements africains gagneraient à observer.