« C’était avec mon premier vrai emploi avec un très bon salaire de cadre d’entreprise que j’avais décidé d’acheter ma résidence principale et j’y suis arrivé. C’était une super villa, dans le quartier résidentiel de Cocody. À l’époque j’étais fier. J’étais propriétaire », relate Monsieur S.M.

Il rajoute : « J’ai mis 10 ans à m’en remettre. Parce qu’en fait, j’avais fait beaucoup de grosses erreurs ». Et soudain, il confesse:

« Ma plus grosse erreur a été de ne pas négocier. Ma seconde plus grosse erreur et de ne pas avoir bien calculé. Ma troisième plus grosse erreur et de ne pas avoir correctement réfléchi. J’étais aveuglé par la magie de l’immobilier. Cette magie qui nous dit : ‘paye un crédit pendant 25 ans et à la fin tu pourras profiter d’une rente’. »

C’est après plusieurs années que M. S.M. s’est rendu compte qu’il avait, selon lui, fait un mauvais choix. Il est fort probable que son impression ne soit pas partagée mais à vous tenons savoir comment vous décidez-vous de vos choix d’investissements. Autrement dit, quels sont les facteurs qui déterminent votre décision d’investir ? En économie, un investissement est une dépense immédiate destinée à augmenter, à terme, la richesse ou le patrimoine de celui qui l’engage. Il peut s’agir d’acquérir des parts dans une entreprise, achat de bien immobilier, mobilier ou matériel, placements de fonds à la banque ou en bourse, paiement de la scolarité de nos enfants. Voilà autant d’investissements matériels ou immatériels qui sont faits chaque jour mais dont peu de personnes mesurent la portée.

Lire aussi  Optimiser la trésorerie de son entreprise

Il n’est pas rare de rencontrer des clients qui placent de l’argent sans attendre l’échéance pour le récupérer ou, des personnes ayant des fonds mais ne savent pas quoi en faire. La clé de l’investissement est l’information. Une donnée capitale qui permet de savoir le gain futur ou la nécessité de son investissement. Dès lors votre situation financière présente n’est autre que le reflet de vos choix antérieurs d’investissements. S’il est notoire que l’information financière est prépondérante en matière d’investissement, c’est-à-dire, connaître la dépense totale à effectuer et ce que vous gagnerez ou pas après avoir supporté toutes ces dépenses, il n’en demeure pas moins qu’elle soit insuffisante. Le cas de M. S.M. est éloquent à bien des égards.

D’abord, il reconnait ne pas avoir pris le maximum d’informations. La comparaison de plusieurs offres immobilières lui aurait permis de connaitre le prix médian ou prix du marché pour des biens ayant les mêmes caractéristiques. Cette démarche aurait eu le mérite de lui donner des arguments de négociation et même saisir la meilleure offre. Ensuite, il ignorait le montant total à dépenser pour l’acquisition de son bien. Ce qu’il payerait au bout des 25 ans d’endettement. De plus, il n’avait pas d’informations sur les dépenses d’entretiens et fiscales de sa villa sachant qu’il avait un mode de vie à maintenir, d’autres projets à réaliser mais aussi répondre à des opportunités ponctuelles. Avant la signature du contrat de prêt, il n’a pas effectué le bon calcul. A ces deux premières erreurs s’ajoute le défaut de réflexion, c’est-à-dire, la précipitation. L’environnement nous façonne et nous déforme. Pour la conscience collective, être propriétaire de son logement est l’un des premiers signes de réussite mais à quel prix ? Etant aveuglé par cette idée, il n’a pas cherché à savoir quelle serait la valeur future de sa villa. Si son investissement était opportun et s’il aurait toujours la même valeur dans 25 ans.

Lire aussi  Les enjeux de l’observation des mécanismes d’épargne pour les entreprises

Le conformisme sociétal et le confort personnel ont déterminé son choix. Bon nombre de personnes choisissent d’investir des sommes d’argent importantes sans au préalable obtenir le maximum d’informations relatives à cet investissement. Cette recherche d‘informations procède d’une démarche scientifique et structurée. Elle doit être motivée par des facteurs bien identifiés : objectif de rentabilité à court, moyen et long terme (marchés financiers), soutien à un secteur d’activité bien précis (financement direct de secteur à forte valeur ajoutée), valorisation des compétences nationales (financement participatif / start-up), placements sécurisés mais peu rentable (immobilier), soutien familial optimisée (financement de formation). La découverte de ces termes vous permettra peut-être d’approfondir votre culture financière, mais vos choix d’investissements correspondent-ils à votre capacité financière présente et future, votre personnalité, aux valeurs que vous partagez et même à vos ambitions personnelles. L’idéal serait de s’y rapprocher au mieux.