L es dirigeants d’entreprises ont toujours pour objectif de terminer l’année avec un résultat positif gage d’un exercice réussi et de la satisfaction des associés ou actionnaires. Cependant tout au long de l’année, ils sont en proie à des acrobaties financières dans le but de maintenir des équilibres et ré-énumérer l’ensemble de leurs charges. Nous voulons aujourd’hui exhumer l’un des mécanismes de gestion qui leur permet d’atteindre cet objectif.
Nous parlons aujourd’hui de la trésorerie. A entendre ce terme, nous remarquons tout de suite qu’il s’agit du nerf de la guerre. Cet élément indispensable à l’entreprise lui permet de fonctionner correctement en vue de réaliser voire dépasser ses objectifs. Vous le constaterez, trésorerie rime avec objectif.

C’est la quantité d’argent dont dispose une entreprise dans sa caisse et sur ses comptes à un moment donné, la trésorerie est composée des entrées et des sorties d’espèces. De ce fait avoir une trésorerie positive ou excédentaire reviendrait donc à ce qu’il ait plus d’entrées que de sorties d’argent.

Toutefois ces choses ne sont pas aussi aisées qu’on le pense. Les entrées d’argents induites par les ventes de biens ou services sont assujetties à des délais de règlements clients. Effectivement, le client ne paye pas toujours la totalité de la somme due à l’achat et négocie des délais de paiement. Parallèlement, la même démarche est entreprise par le gérant chez ses fournisseurs. C’est à ce moment que nous parlons en comptabilité de délai de paiement client et fournisseur. Dans le principe, il revient au chef d’entreprise de rendre les délais fournisseurs plus longs que les délais clients pour parvenir à une trésorerie positive. Vous recevez le paiement de votre client sous huitaines et vous réglez votre fournisseur sous quinzaine. Cependant cette manœuvre accuse une grosse limite : la nature des montants et le non-respect des délais par les clients. Nous arrivons là au décalage de trésorerie.

Trop souvent l’entreprise se retrouve dans un besoin de trésorerie ou de liquidité bien qu’ayant un portefeuille clients et des ventes réalisées. C’est pourquoi, nous souhaitons démystifier la question en vous apportons des éléments de réponse qui vous aideront à optimiser votre trésorerie et être liquide la majeure partie de l’année. Si ces leviers de gestion font l’objet de cours dans les écoles supérieures de commerce, il apparaît nécessaire pour nous d’en ressortir les conditions d’applicabilité.

D’abord, mettre en place des outils de pilotage de la trésorerie. Il s’agit de planifier ses flux de trésorerie sur le mois, le trimestre et l’année. L’entreprise doit projeter ses dépenses et ses entrées. Anticiper sur l’avenir vous permet d’avoir des marges de réaction et suivre l’évolution de la trésorerie pour apporter des correctifs. Ensuite, optimiser les délais de paiements. Avoir des délais clients courts permettant d’alimenter fréquemment les caisses et mettre en place un mécanisme de relance et recouvrement client efficace. Négocier des délais plus souples avec les fournisseurs pour éviter au maximum des goulots d’étranglement financier.

Pour les entreprises ayant des stocks, il est essentiel d’optimiser la rotation des stocks. L’entreprise doit définir le niveau de stocks qui lui permet de répondre rapidement à la demande des clients et lui ferait dépenser le moins en frais de stocks puis éviter le risque de rupture de stock.
Autre élément concourant à l’optimisation de la trésorerie, la réduction des charges. Il est question de maîtriser la structure des charges de l’entreprise de sorte qu’elles n’absorbent pas le chiffre d’affaires. En l’espèce, une identification et une évaluation minutieuse des postes de dépenses coûteuses s’imposent.

A cette liste, nous pouvons aussi ajouter l’augmentation des ventes. C’est le premier moyen de créer de la trésorerie. Accroître votre visibilité, conquérir de nouveaux marchés, mettre en place un dispositif commercial agressif sont autant d’atouts permettant de gonfler le chiffre d’affaires. L’ultime moyen d’optimiser votre trésorerie est de se retourner vers son banquier. D’une part pour placer sa trésorerie en cas d’excédent. Cette démarche vise à rentabiliser votre trésorerie et aura le mérite de vous servir de garantie lors d’un gros besoin de financement. D’autre part, recourir à la banque en cas de besoin de trésorerie de court terme tel que la facilité de caisse ou un découvert. Il faut relever qu’il ne s’agit pas ici d’un cours magistral mais plutôt de mettre en lumière le vécu des chefs d’entreprises. Pour faire face aux difficultés de trésorerie, il leur appartient d’adopter une gouvernance financière qui répond à leurs enjeux stratégiques. Surtout ne jamais confondre compte entreprise et compte personnel et éviter les sorties d’argent injustifiées. Être rigoureux dans les négociations de délais avec les clients. Se séparer des clients qui n’honorent pas leurs délais pour éviter l’asphyxie. Diversifier son portefeuille clientèle. Voilà autant de décisions stratégiques qui pourront vous mettre à l’abri car il y a des postes de dépenses incompressibles. S’il est bien vrai que nous pouvions davantage discourir, notre objectif était d’éclairer le dirigeant d’entreprise sur les différents moyens permettant d’améliorer et d’optimiser sa trésorerie. Très souvent, l’entreprise a recourt à la banque et n’exploite pas tous les leviers dont elle dispose en interne.