À l’origine, la femme africaine se caractérisait par des cheveux crépus ou curlés. Pour les coiffer, elle se faisait faire des nattes, des civiles ou des tresses au fil. Elle se laissait pousser des ongles de manière tout à fait naturelle. Pour les colorer, elle utilisait des plantes telles que le Lawsonia Inernis, nom scientifique de ce que les Indiens appellent le Henné. Ces techniques que l’on peut trouver aujourd’hui très rudimentaires suffisaient à mettre en exergue la beauté de la femme africaine dans toute sa splendeur.

Cependant, l’occidentalisation, ce processus d’acculturation lié à la colonisation, a beaucoup altéré les habitudes et les comportements de la femme africaine. Désormais, pour se sentir belle et être sûre de plaire, elle se pare d’artifices, hissant ainsi l’industrie du faux (faux cheveux, faux ongles, faux cils, etc), au firmament de l’activité économique en Afrique. Selon le magazine Jeune Afrique, c’est une industrie qui pèse environ 10 à 15 milliards de dollars, soit 8,5 à 12,8 milliards d’euros. Un commerce très lucratif pour les fabricants qui ont semé dans l’esprit de la femme africaine l’idée selon laquelle la beauté repose essentiellement sur les extensions de cheveux, les faux ongles ou le décapage de la peau à travers des gélules, des injections et crèmes éclaircissantes qui sont en vogue de nos jours. Le journal La Nation a publié un article exposant les complexes que la femme noire qui s’identifie à la femme blanche. Elle veut surtout s’identifier à ces artistes célèbres aux cheveux colorés, les ongles artificiels, les cheveux rallongés, la peau blanchie. En effet, l’Agence d’Informations d’Afrique Centrale révèle qu’à Brazzaville, c’est courant de voir les femmes se changer fréquemment de coiffure, dépensant en moyenne 20 000 à 50 000 Francs CFA par mois juste pour les cheveux. Sur les réseaux sociaux, on peut voir un très grand nombre de pages de vente de faux cheveux, de produits pour se décaper la peau, et de nouvelles techniques d’onglerie raffinée à des prix assez élevés. Qu’on soit en temps de crise financière ou pas, la femme, dans son organisation mensuelle, planifie toujours un budget beauté.

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L’impact du regard des autres aussi est un facteur très influent sur le besoin que la femme ressent de se faire belle. Dans une administration par exemple, les femmes employées sont tout bien vêtu, bien coiffée, avec un maquillage parfait et des ongles qui attirent le regard. Tout cela dans les soucis de paraître et de faire distinguer son statut de femme accompli autour d’elle, mais aussi pour impressionner son partenaire ou tout simplement être remarquable en cas de nouvelle rencontre.

Aujourd’hui, il est devenu rare de voir une femme noire naturelle sans complexes. Pour le peu qui reste, à un moment, soit par l’influence des autres, soit par les contraintes du milieu, finissent par céder aux artifices que la mode impose. L’Express a publié un article sur Claudia, la jeune fille à la coiffure afro qui, en dépit de son CV irréprochable, a été plusieurs fois refoulée à des entretiens d’embauche à cause de sa coiffure. Puis lorsqu’elle s’est coiffé autrement, a enfin pu obtenir un emploi. Des considérations très discriminatoires pour celles qui veulent préserver leur identité culturelle en prônant leur naturel il en existe. Une influence qui pourrait aisément troquer l’héritage culturel africain au profit de l’identité emprunté d’ailleurs. Black is Beautiful. Natural is Attractive.